Un rapport alarmant

Or, la partie analyses des sédiments mis en suspension lors des futures opérations de dragage fut réalisée par le laboratoire indépendant LEMAR, à la demande même d'IFREMER. Le résultat de cette étude fut gardé secret et pour cause, en voici un résumé détonnant :

« -Le tributyl étain (TBT) est un poison

-De nombreuses espèces végétales et animales sont sensibles à ce puissant toxique à des doses infinitésimales

-La faune et la flore sont perturbées de façon sensible alors que le seuil actuel de détection analytique (0,3 nanogramme par litre ) n'est pas atteint.

-En 1982, il est interdit de recouvrir les carènes de navires de moins de 25 mètres avec de telles peintures.

-Depuis le 13 septembre 2003, il est désormais strictement interdit d'utiliser des peintures marines antisalissures contenant du TBT quelle que soit la longueur de l'embarcation*.

Le TBT est donc majoritairement présent dans les tissus vivants et dans les sédiments.

La dégradation de l'organostannique dans la vase est très lente voire quasi nulle en profondeur.

-Lors d'opérations de dragage de sédiments contaminés par le TBT, il existe un risque de diffusion du poison d'autant plus marqué que les concentrations sont maximales dans la fraction fine, celle qui est remise en suspension.

-Les analyses qui ont été effectuées sur zone mettent en évidence une contamination des vases par le TBT.

-Le risque d'une perturbation environnementale de l'Aber consécutivement aux opérations de dragage est donc avéré.

-La stérilisation des femelles de Nucella lapillus intervient au-delà de concentrations en TBT supérieures à 5 ng TBT/ l.

-Les concentrations en TBT dans les eaux de l'Aber sont donc supérieures à cette valeur critique.

-Depuis 2003, 7 sites répartis le long des côtes françaises de la manche et de l'atlantiques sont suivi dans le cadre du RNO (Réseau National d'Observation ).

- On recense une pollution actuelle dans l'aber Wrac'h comparable à celle de la rade de Brest et nettement supérieur à celle des 6 autres sites

Cette pollution chronique des plus dommageable pour l'environnement se concentre dans la flore et la faune de l'Aber.

-En ce qui concerne les sédiments, la concentration maximale se situe dans la fraction fine, celle qui sera sujette principalement à la remise en suspension.

-La perturbation subie par l'écosystème, déjà conséquente, ne peut qu'être accrue durant les opérations de dragage des sédiments contaminés.

-Les activités conchylicoles sont donc directement menacées.

-Les résultats présents montrent également que la contamination s'étend au-delà des abords immédiats du port de Landéda lui-même.

-Les niveaux de pollution mesurés à l'aide de la méthode imposex dans l'Aber Wrac'h sont extrêmement élevés.

-La réponse biologique observée révèle une présence générale du tributylétain sur le site et des concentrations probablement fortes dans les vases fines.

-Aussi, il apparaît nécessaire de préconiser toute mesure visant à réduire la remise en suspension de sédiments lors des travaux de désenvasement autour du port de Landéda.

-Ce déstockage de poison doit être effectif jusqu'au bout, à savoir que ni son extraction, ni son stockage ne doivent constituer une nouvelle source de contamination de l'écosystème.

-Parallèlement aux précautions préconisées pour les dragages, une technique de stockage sûre est ainsi nécessaire.

-L'environnement est ainsi mis en danger.

-Ce danger est accru par les travaux portuaires prévus. »

Bien évidemment, la totalité de ce rapport ne fut jamais cité dans l'étude d'impact, la SEMAEB et la CCPA se gardant bien de diffuser un tel document au grand jour, cela contrarierait trop les politiques locales d'arriver à leurs fins.

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