L'aber Wrac'h, de part sa situation maritime, regroupe un dizaine de concessionnaires conchylicoles répartis sur 10 % du Domaine Public Maritime de part et d'autre de la rivière, en amant et en aval du port :

La production annuelle en huîtres creuses dépassent les 2 000 tonnes ; l'ensemble de ces entreprises représente un centaine d'emploi à plein temps, sans compter les emplois saisonniers.
En 1998, un rapport d'étude sur la contamination des eaux de l'aber Benoit (voisin de l'aber Wrac'h) rédigé par Mr Pierre Michel d'IFREMER et réalisé à la demande du Syndicat Ostréicole des Abers, met en valeur la forte teneur en TBT des vases de l'aber Benoit. En voici un extrait :
« Le syndicat Ostréicole des Abers constate, depuis quelques temps, des anomalies de calcification des huîtres cultivées dans les abers et s'interroge quant à la qualité des eaux destinées à l'ostréiculture. Les problèmes de sur-épaisseur des coquilles, de "frisures" et de "chambrages" font suspecter une contamination par les peintures anti-salissure à base de composés organostanniques. Ces anomalies sont suceptibles d'entrainer une dévalorisation du marché....
En conclusion, cette campagne de recherche de la contamination des Abers par les composés organostanniques permet de constater :
- 1 Que la concentration en Tributyl Etain (TBT) mesuré dans l'eau atteint 2 à 3 ng.1 -1
- 2 Que cette concentration est excéssive au regard de la grille de toxicité communement admise, en particulier en ce qui concerne l'ostréiculture... »


Au regard de ces huîtres impactées faiblement (2 à 3 ng.1 -1) il est facile d'imaginer l'état du cheptel ostréicole de l'Aber Wrac'h après une dispersion des Matières en Suspensions (MES) chargées de TBT, lors des opérations de dragage, et se redéposants sur les parcs à huîtres baignés à chaque marée, soit deux fois par jour... Sachant que les taux relevés au pied de cale du port actuel dépassent les 2. 381 800 ng/matière sèche !!!